Incendies : 4.400 hectares de forêts ravagés depuis le 1er mai
Près de 4.400 hectares de superficies forestières ont été ravagés par les incendies en Tunisie entre le 1er mai et le 23 juillet 2026, contre 2.705 hectares durant la même période de 2025, a indiqué jeudi le directeur général des Forêts au ministère de l'Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche, Mohamed Naoufel Ben Haha.
Dans une déclaration à l'agence TAP, le responsable a précisé que 75 incendies de forêt et 108 incendies dans les maquis ont été recensés. Les gouvernorats les plus touchés sont Zaghouan, avec 905 hectares détruits, ainsi que Bizerte, Béja, Jendouba, Le Kef et Siliana. Les feux ont principalement affecté des forêts de chênes-lièges et de pins d'Alep, qui représentent une ressource importante pour les populations locales.
Au cours des trois derniers jours, les incendies les plus importants ont été enregistrés à Ghar El Melh et Rafraf (300 hectares détruits), à Cap Negro, dans le gouvernorat de Béja (300 hectares), ainsi qu'à Sakiet Sidi Youssef, dans le gouvernorat du Kef, où près de 2.000 hectares sont partis en fumée. L'incendie y est toujours en cours en raison des vents.
Depuis le début de la saison, la Direction générale des forêts a participé à 917 opérations d'extinction d'incendies dans les forêts, les zones de grandes cultures et les décharges, contre 620 interventions durant la même période de l'année précédente.
Mohamed Naoufel Ben Haha a souligné que les préparatifs de la saison estivale ont débuté dès le mois de mars, avec l'aménagement de pistes forestières, de tranchées pare-feu et le renforcement des moyens d'intervention grâce à l'acquisition de deux bulldozers. Il a toutefois expliqué que les pluies enregistrées après le mois de mars ont favorisé une repousse importante de la végétation, y compris dans des zones déjà nettoyées.
Selon lui, les incendies sont principalement dus à des facteurs humains, qu'il s'agisse d'actes criminels ou de négligence, auxquels s'ajoutent les conditions climatiques extrêmes observées depuis plus d'une semaine. Il a annoncé le lancement de campagnes de sensibilisation avec la participation de bénévoles afin de promouvoir un comportement responsable en milieu forestier.
Concernant la restauration des zones sinistrées, le responsable a expliqué que deux approches sont prévues : la régénération naturelle pour les pins d'Alep, sur une période pouvant atteindre trois ans, et le reboisement pour les chênes-lièges. Les opérations de reboisement des superficies incendiées en 2025 débuteront en novembre 2026 et se poursuivront jusqu'en mars 2027. Il a rappelé que le rétablissement complet d'un écosystème forestier après un incendie peut nécessiter entre 30 et 80 ans.
Le directeur général des Forêts a également alerté sur le manque de moyens humains et matériels. Les effectifs des agents forestiers sont passés à environ 4.000, contre 14.000 auparavant, tandis que le nombre de cadres n'est plus que de 260 pour assurer la surveillance de 5,3 millions d'hectares de forêts et de parcours. Il a aussi évoqué le vieillissement du parc de camions d'intervention, composé de 140 véhicules, ainsi que l'insuffisance des chauffeurs et des engins lourds.
Dans le cadre de sa stratégie 2026-2036, le ministère prévoit de moderniser le système de surveillance grâce à des plateformes numériques et des outils basés sur l'intelligence artificielle, actuellement en phase de test. Le renouvellement des équipements et l'acquisition de Canadairs figurent également parmi les projets envisagés.
La Tunisie connaît depuis plus d'une semaine une vague de chaleur exceptionnelle, avec des températures dépassant 45 °C dans plusieurs régions, favorisant la multiplication des incendies ainsi que des perturbations dans les réseaux d'eau et d'électricité.